« Il est plus dangereux de tomber en amour que de tomber d’une falaise« Plaute
Alors quand on vient du Burren et qu’on tourne à Black Head, bon on ne peut pas faire autrement, c’est la route, tranquillement on arrive à Doolin, un petit port de rien. Au large, un peu mais pas trop, les iles d’Aran Inishmore ou Inis Mör en gaëlisue la plus grande et la plus loin,14 km de long et quelques centaines d’habitants; Inishmaan ou Inis Meain, celle du milieu dans tous les sens du mot: en taille, en nombre d’habitants, en localisation et la petite dernière Inisheer ou Inis Oirr la plus petite et la plus proche du port de Doolin. On choisit le bateau de 10 heures qui au retour passera par les falaises de Moher, parce que nous, les cliffs, on kiffe!
« Quand rien n’est prévu, tout est possible. » Antoine de Maximy
En allant vers Galway, sur le parking du Géant, un pasteur Américain de l’Oklahoma nous interpelle, il n’en revient pas de tout ce voyage, il est mort de rire et nous dit qu’il nous gardera comme un grand souvenir de son voyage au pays de ses ancêtres et…nous bénit! C’est vrai, nous sommes bénis des Dieux!
Et voilà, on prend des vacances de vélo! Après nos 3700km et pas beaucoup d’arrêt, après la pluie, le vent, le crachin, le brouillard, les quelques jours de beau temps, les pentes pentues et les belles descentes, le temps qui passe vite, les kilomètres à parcourir pour découvrir le sud ouest de l’Irlande, pour dérouler encore cette Wild Atlantic Way, on a décidé de s’accorder une petite semaine de vacances, heureux et souriants.
« Terre brûlée au vent Des landes de pierre, Autour des lacs, C’est pour les vivants Un peu d’enfer, Le Connemara.
Des nuages noirs Qui viennent du nord Colorent la terre, Les lacs, les rivières : C’est le décor Du Connemara.
Là -bas, au Connemara, On sait tout le prix du silence. Là -bas, au Connemara, On dit que la vie C’est une folie Et que la folie, Ça se danse. »
Pierre Delanoë et Michel Sardou
On n’est pas fan du bonhomme, le Michel, mais il y a du ressenti dans sa chanson et ça emmène les foules, les chanteurs, les danseurs et tous les autres et nous aussi. Notre Connemara n’a été que brumeux, humide et froid mais on s’en souviendra, même si ça se mélange un peu dans les vidéos, les photos. La brume nous a envahi le cerveau, la fièvre est montée. Heureusement nous y sommes restés 3 nuits au même endroit.
Comment le vent sait-il dans quelle direction il doit souffler? Stanislaw Jerzy Lec
On quitte Londonderry, l’humidité est toujours là mais on peut faire notre petit tour des remparts et voir les muraux, un peu rapide comme visite mais la roule nous attend et la route est longue.
On tousse, on mouche, la gorge pique. Alors on tente la pharmacie irlandaise.
« Un nain assis sur la plus haute marche est plus haut qu’un géant dressé sur la plus basse. » Proverbe arabe
Le compteur GPS de Benoit a rendu l’âme, définitivement. Et pour nous, maintenant, difficile d’imaginer rouler en terres inconnues sans guidage GPS, vitesses, pentes, températures et autres infos (indispensables) affichées par nos compteurs. Enfin, c’est surtout vrai pour Benoit ; et son compteur a rendu l’âme. Alors on profite de la grande ville pour chercher un nouvel appareil. Pas si évident, même à Belfast. On passe de boutique en boutique, d’un bout à l’autre de la ville, sur les conseils de vendeurs ou d’Internet, la 6° boutique est la bonne. Benoit peut respirer grâce à son nouveau Garmin !
Un choix difficile pour le cycliste : l’Irlande du nord au sud en direct, c’est 800km, par la côte c’est plutôt 2000km. Nous avions fait le choix de suivre la côte essentiellement au Connemara pour faire « court ». La route côtière au nord de l’Irlande (« Causeway Coastal Route ») nous a été vantée comme la plus belle route de l’île. Et elle passe par la Chaussée des Géants. Alors, changement d’itinéraire : on longera la côte nord depuis Belfast et on ira dire bonjour aux géants. De Belfast, nous reprenons donc la route jusqu’à Larne. Justement, notre logeuse nous a signalé qu’elle a retrouvé un trousseau de clés oublié sur place. Merci à vous Tea ! Et la côte défile sous nos roues, belle route agréable et relativement plate qui réserve de superbes vues à chaque virage. Des plages, des ports, des falaises, des moutons, des coteaux bien vert… Et le soleil sublime le paysage. Ensuite, le temps se couvre peu à peu ; les fortes chaleurs de Belfast sont vite oubliées. On roule, on roule, encore plus de 90km aujourd’hui, déroulés aisément, cette route côtière est assez plate.
« Tant qu’on ne reconnaîtra pas les droits des homosexuels qui sont ceux de tous les êtres humains, on n’aura rien compris à ce qu’est la démocratie et la liberté. Robert Badinter
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire du mari de mon fils! Bon anniversaire, toi qui veux juste être toi-même. Je te souhaite une journée lumineuse auprès de ton amoureux. Toi qui t’engages pour que cesse cette discrimination, cette maltraitance encore trop présente.
Mais pourquoi cette fenêtre dans un blog de voyage? Sur un vélo, la roule n’est pas seulement au bout de nos roues, elle est aussi dans nos têtes, dans nos cœurs. Ils sont en nous , ceux que nous aimons. Is font partie du voyage. Et c’est bien le sens de ces fenêtres, partager se qui nous anime, ce qui se déroule .
« Le but n’est pas toujours placé pour être atteint, mais pour servir de point de mire.« Joseph Joubert
Incroyable, c’est l’Irlande au bout de nos roues. Déjà 3000km parcourus, 23222m gravis soit l’équivalent de l’Everest+ le Kilimandjaro +le Mont Blanc + le Mont Vinson dans l’Antarctique. Incredible! Nous débarquons à Larne à 40 km au nord de Belfast en fin de journée. Sortir du Ferry, à vélo, c’est toujours la classe! Tea , notre logeuse a l’air très pressée de retourner à sa télé, vite fait elle nous présente la chambre, la salle de bain partagée, elle loue 3 chambres dans sa maison. C’est tout un business AirBnb! La nuit passe vite, Belfast nous attend. Et les muraux, déjà dès Larne, et quel mural, il nous emmène en voyage…
« Prendre le ferry, c’est déjà un voyage où la destination compte moins que la traversée«
Journée Ferry!, on joint l’utile à l’agréable. L’Irlande nous appelle, ce petit coin d’Ecosse ne nous passionne pas, il doit juste nous permettre d’aller au plus vite prendre un Ferry. On revoit les planifications, on calcule, on discute, on étudie la carte. Le plus direct c’est de prendre 2 ferrys en passant par l’Ile d’Arran et de rejoindre Cairnryan, port pour Larne en Irlande, à 37 km de Belfast. Cette solution nous ravit, d’abord parce qu’on fera un petit tour sur Arran, on ira même dormir dans la même Guesthouse qu’en Novembre, et 1 ferry de Claonaig à Lochranza (ile d’Arran), et 2 ferrys de Brodick (ile d’Arran) à Troon. Nous les ferrys on aime ça, c’est déjà le voyage, l’aventure, un ailleurs…
« C’est ce que j’aime, dans les îles: elles ont gardé un mode de vie plus rudimentaire que les continents. Elles demeurent plus près du monde sensible, du ciel et de l’eau, puisqu’elles sont cernées, et, en quelque sorte prisonnières. Quelque chose d’essentiel a ici, survécu: un lien primitif avec le monde, un contact jamais vraiment dénoué, la certitude qu’une autre vie est possible, au plus près d’une vérité oubliée. » Christian Signol
Sous la pluie, aux aurores, nous attendons pour prendre le ferry, adieu belles Hébrides….
De passage, nous ne serons que de passage cette fois en Ecosse, Un stop de deux nuits à Oban, et nous repartirons pour 2 journées avant de quitter l’Ecosse, pas complètement le Royaume Uni puisque nous débarquerons à Belfast, Irlande du Nord. Oban, ville côtière d’environ 8000 habitants, port de pêche, bénéficie de sa liaison avec les îles Hébrides.