« Terre brûlée au vent
Des landes de pierre,
Autour des lacs,
C’est pour les vivants
Un peu d’enfer,
Le Connemara.
Des nuages noirs
Qui viennent du nord
Colorent la terre,
Les lacs, les rivières :
C’est le décor
Du Connemara.
Là -bas, au Connemara,
On sait tout le prix du silence.
Là -bas, au Connemara,
On dit que la vie
C’est une folie
Et que la folie,
Ça se danse. »
Pierre Delanoë et Michel Sardou
On n’est pas fan du bonhomme, le Michel, mais il y a du ressenti dans sa chanson et ça emmène les foules, les chanteurs, les danseurs et tous les autres et nous aussi.
Notre Connemara n’a été que brumeux, humide et froid mais on s’en souviendra, même si ça se mélange un peu dans les vidéos, les photos. La brume nous a envahi le cerveau, la fièvre est montée. Heureusement nous y sommes restés 3 nuits au même endroit.
Sûr, le froid, le pluie, les pentes et le VENT, le VENT méchant de face nous attaquent et nous atteignent, nous arrivons à Letterfrack après 85 km et 750m de D+ en peu défaits. Benoit est épuisé et je ne suis pas bien fraîche. Et la nana de la Guesthouse, Old Monastry Hostel , Sylvania, nous demande de confirmer qu’on a bien réservé une place de camping! Le ciel nous tombe sur la tête. On a réservé 3 nuits pour se reposer…dans un lit!!!! et 71€ la nuit de camping au bout du monde, c’est quand un peu exagéré. Bon on parvient à s’arranger: 2 lits dans une dortoir de 10. Finalement, nous passerons les 3 nuits avec Lorenzo, jeune italien qui travaille à l’Abbaye de Kylemore. Il sera bien triste de nous voir partir, Lorenzo, il en a déjà marre de voir défiler les gens dans le dortoir et ça ne fait qu’une semaine qu’il est là. Il est touchant ce jeune Lorenzo, bien jeune et sans doute au début d’une première expérience.
Stephen et Sylvania ont ouvert cette guesthouse dans l’idée d’en faire un endroit hors du temps, et c’est bien ça ou plutôt le temps s’est arrêté à l’époque des babas-cool, au moins dans le décor qui a bien vécu. Il y a même une drôle d’ambiance, une certaine ambivalence qui règne ici. Même l’offre rédigée dans Airbnb n’est pas claire, camping et chambre à la fois, ce qui nous a induit en erreur, erreur que Sylvania maitrise avec maestria! Tout semble tranquille, bienveillant, mais quelques jeunes, que des femmes d’ailleurs, sont bénévoles pour le ménage, l’entretien; le petit déjeuner offert à toutes et tous, campeurs et hébergés en dur, a tout un cérémonial: les tables sont dressées, le the, le café, le porridge tout est là sous le regard de Sylvania et Stephen qui contemplent la scène, assis face à tout le monde sans plus d’échanges que le strict nécessaire. Stephen circule en silence entre les tables, débarrasse si nécessaire, réapprovisionne en café…Sylvania tricote!
Ceci dit nous nous y sommes reposés et avons envisagé la suite du voyage…Suspens
Kylemore Abbey, « même Hollywood n’aurait pas pu écrire l’histoire derrière l’abbaye de Kylemore » écrit une site touristique. Et en effet cette Abbaye, en plein Connemara, dans un décor sauvage, l’industriel Mitchell Henry l’a fait construire en bord de lac pour son épouse bien-aimée Margaret. Le couple a eu 9 enfants et Margaret est subitement décédée au cours d’un voyage en Egypte. Qu’à cela ne tienne, Mitchell lui fera construire une petite église néo-gothique, et après sa mort il a été enterré à ses cotés. Belle histoire et ô combien romantique. La propriété est devenue depuis le lieu de moniales bénédictines venues de Belgique. La propriété est immense, et comprend de jolis jardins victoriens. malheureusement, les serres n’ont pas survécu à toutes ces années mais les photos permettent de visualiser ce bel endroit. Ce brave Mitchell était d’ailleurs un brave au grand cœur, non seulement il adorait sa femme au point de lui faire construire un endroit de rêve, mais en plus ils s’est préoccupé du bien-être des ouvriers. Belle histoire, Kylemore! qui occupa l’après midi de notre 1er jour de repos.

Jolie soirée, en compagnie d’Emily, notre voisine de guesthouse. Emily , elle est tombée en amour avec l’Irlande, et en désamour dans sa vie. Elle a tout mis à plat, quitté son boulot de directrice de magasin, son mari et donc sa maison et reconstruit sa vie avec ses deux filles. Elle est pleine d’énergie Emily, confiante et affronte ce Connemara sourire aux lèvres. Bon vent Emiliy si tu lis ces lignes, nous avons bien aimé ces moments passés avec toi.
Pour notre deuxième jour de repos, le temps s’adoucit et nous donne l’opportunité d’explorer à vélo.
Nous reprenons la route, direction Galway en 2 jours avec une première nuit à Ballynahinch, une Gueshouse in the middle of nowhere! Nous sommes devenus des spécialistes du nowhere. Il y a guesthouse et guesthouse, vous l’avez compris depuis ce voyage et celle de Ballyahnich est à cocher dans cotre carnet d’adresse: un bel endroit, propre, sympa, pas trop de règles et un jeune étudiant ingénieur français qui vient vivre l’expérience du bénévolat pour » speak english fluently ».

Un petit café sur la route. Ici, les pancartes, les enseignes ne sont plus traduites en Anglais, on ne parle en priorité que l’Irlandais.
Là bas, au Connemara! on s’en souviendra!
