La chaleur est toujours aussi intense. A l’approche de Libourne les thermomètres de nos GPS vélo s’affolent, 41°, 42°… jusqu’à 45° ! Après ça, on évite de les consulter… Depuis notre débarquement en Bretagne, les canicules nous poursuivent, ou alors nous les poursuivons bien malgré nous ; dès que ça se calme dans une région traversée, ça chauffe dans la suivante pour nous accueillir !
Libourne, joli centre ville moyenâgeux, place centrale carrée à arcades, rues en damier, typique des bastides du sud-ouest de la France. Au-delà de cet urbanisme particulier, les bastides du sud-ouest étaient dotées d’une charte municipale permettant aux habitants de s’administrer grâce à un conseil élu. Vous avez dit « démocratie », « autogestion » ?
Notre route croise l’impressionnant menhir de Pierrefitte : plus de 5m de haut, 50 tonnes, bloc de roche calcaire originaire de Saint-Emilion et transporté sur plus de 2 km voilà 4500 ans. Le plus grand mégalithe du Sud-Ouest.
Sa forme évoque une main dressée ; il est percé à hauteur de mains d’homme d’un trou circulaire probablement destiné à des offrandes.

Ca sent le bon vin, par ici, le Saint-Emilion sur pied est partout dans les campagnes. On rêvasse en pédalant ; Benoit voit dans les champs de tournesol des processions de nones avançant péniblement têtes baissées, Isabelle imagine des armées en marche, bien alignées, dans les rangées de vigne…
Un petit bout de « piste Lapébie », voie verte en pleine nature, sur ancienne voie ferrée (sympa, ça adoucit les reliefs) pour rejoindre Sauveterre-de-Guyenne, encore une bastide. Encore des souvenirs, nous l’avions parcourue au début de notre voyage Bordeaux-Nice pour rejoindre le Canal Latéral à la Garonne. Puis c’est La Réole, son pont sur le Garonne et le Canal.
La roule est facile le long du Canal, c’est plat à part les passages d’écluses, c’est ombragé ; nous dévorons ces kilomètres déjà parcourus plusieurs fois dont l’été dernier avec notre Kenza qui y a vaillamment pédalé pas moins de 500 km du haut de ses 13 ans. Route facile, toujours aussi belle et paisible. La magie des platanes majestueux, des courbes douces, des jeux d’ombre et de lumière, des ponts-canals et d’une soirée à Valence d’Agen.
A Valence d’Agen, nous redécouvrons avec toujours autant de plaisir des sculptures de Jean-Louis Toutain, en résine noire, personnages aux formes généreuses, que l’on croise un peu partout dans la région. On ne résiste pas à la tentation de vous montrer ici les différentes œuvres que nos roues ont croisées ces dernières années.
Nous quittons le Canal des 2 mers après Montech et sa fameuse écluse « Pente d’eau » conçue pour remonter les péniches en flottaison.

Depuis la Bretagne, nous faisons plus ou moins consciemment des longues étapes, comme si nous étions pressés de rentrer à la maison. Mais non, au contraire, on repartirait bien pour 3 mois de plus ! Il est vrai que la motivation baisse un peu sur cette longue traversée de la France (au bas mot 1700 km de Roscoff à Bendejun), plus ou moins déjà parcourue, moins exotique que les îles britaniques et où l’on ne parle même plus l’anglais.
Il y a décidément trop d’incendies de forêts cet été, alors nous éviterons une bonne partie du littoral varois et nous suivrons les Gorges du Tarn en direction de Florac (et la sœur Chantal, la tournée des popotes n’est pas encore terminée). Au revoir le Canal, on t’aime bien mais on te connait trop bien, découvrons de nouveaux itinéraires.
Après Saint-Sulpice-La-Pointe, les choses sérieuses commencent, le relief est plus marqué, le Tarn encaissé, la route sinueuse, la montée plus sensible. Bientôt, ça monte pour de bon, les barrages EDF se succèdent, nous enchaînons les tunnels. Rigolo, ça, les tunnels à vélo, une plongée dans le sombre et le frais à la lueur de nos petits éclairages.
Avec ces canicules, Benoit a attrapé un « coup de chaud », nuit mouvementée, l’estomac refuse toute nourriture, grande fatigue ; la route est difficile jusqu’à Ambialet où on décide de s’arrêter un jour de plus ; heureusement, la chambre est libre, les hôtes adorables et nous parvenons à modifier les 2 réservations suivantes. Solide le Benoit, un jour de repos total et ça repart en trike !
Notre route traverse Albi puis Millau ; un vrai plaisir de passer à vélo sous son majestueux viaduc. Arrivé à Le Rozier, il faut choisir : remonter le Tarn jusqu’à Florac ou bifurquer sur la vallée de la Jonte et passer un col. C’est plus court par la Jonte ; va pour le col ! Pour la dernière étape, Isabelle grimpe seule et vaillamment le col de Perjuret pendant que Benoit encore tout faible se fait transporter en voiture avec son trike.

A Florac, nous fêtons nos 5000 km. Déjà un beau parcours depuis notre départ de Paris voilà 3 mois ! Un peu de repos, un peu de tchatche, un peu d’entretien (on en a usé des plaquettes de freins !) et un grand nettoyage des trikes. Et une belle ballade avec Chantal et Marc à travers les alignements de menhirs de Lozère ; décidément, le menhir aura été le fil conducteur de ce voyage !
Et maintenant… Yapuka renter !



Bon retour!
J’ai pris beaucoup de plaisir à voyager et découvrir tous ces paysages avec vous…
Je les ai rencontrées, ces sculptures, lors de mes pérégrinations dans le sud-ouest et j’ai cheminé sur cette agréable voie verte. C’est un bon souvenir…
Félicitations pour ce beau parcours de 5000 km déjà parcourus !!!! J’ai beaucoup de plaisir à vous lire dès que vous publiez un nouveau post !!! C’est très intéressant de vous suivre….je suis très contente d’avoir été une étape sur votre parcours et j’espère vivement que nos routes se recroiseront un jour !!!! Bon retour chez vous !