Ca brûle en gironde ! Un méga-feu dévore le bassin d’Arcachon. A La Rochelle, ce matin, le ciel est voilé par une brume gris-crasse de fumées. On a passé la nuit chez Armel ; tard hier soir sa fille qui habite Mérignac cherchait conseils, réconfort et un point de chute d’urgence car l’évacuation de Bordeaux est évoquée. Ca craint… Notre Léo semble moins inquiet pour le moment.
Nous prenons la route vers Ronces-les-Bains avec un petit pincement au cœur sous un ciel qui hésite entre fumées et nuages orageux. Ronces-les-Bains : le plan est d’y retrouver Léo qui y fait un saut pour le week-end et Natacha en vacances, avec leurs familles bien entendu. En perspective, un beau moment de retrouvailles. Nous allons séjourner 3 nuits en « pod » dans un camping.

Coup de chance à Rochefort : un bateau-taxis pour piétons et vélos circule en été pour traverser la Charente; la Vélodyssée y mène directement. Super ! On évite le pont d’enfer à 4 voies.


Le tracé de l’Eurovélo 1 se confond avec celui de la « Flow Vélo » autour de Rochefort ; souvenirs souvenirs : nous avons suivi une bonne partie de cette Flow Vélo quelques années auparavant pour un trajet de Bordeaux jusqu’en Auvergne.

Mais pour traverser la Seudre juste avant Ronces-les-Bains, pas de bateau-taxi, il nous faut passer par un pont très circulant et très long ; adieu la tranquillité des pistes cyclables !
Notre route traverse le joli village fortifié de Brouage, dans les marais, juste avant Marennes. Cette toute petite citadelle carrée de 400m de côté a été établie en 1555 par Jacques le Pons seigneur d’Hiers, sur un chenal menant à la mer. Le port a été une place européenne du commerce du sel. Richelieu a ensuite transformé Brouage en fort militaire. La cité abritait pas moins de 4000 habitants au 17° siècle ; pas beaucoup d’espace par tête de pipe ! Et aujourd’hui le littoral a tellement reculé qu’on ne peut apercevoir la mer depuis les remparts.

L’impressionnante Porte Royale dotée de 3 herses successives contrôlait l’entrée. Marie Mancini, la nièce du cardinal Mazarin n’a pu pour « raison d’Etat » épouser Louis XIV. Alors elle s’est exilée à Brouage : « la solitude étant la seule chose que je recherchais alors, la plus propre à entretenir mes tristes pensées, je choisis le Château de Brouage où mes sœurs s’ennuyaient fort, m’imaginant que tout le monde devait prendre part à ma douleur et que le plaisir des autres aurait été un crime pour moi« . Marie montait le large escalier de pierre « pour entrevoir la mer dans le lointain et pleurer sur son cruel destin qui ne veut pas qu’un roi par amour se marie« . Dur dur la vie des nobles…

Bien sûr actuellement Brouage est devenue une place touristique ; les remparts sont percés de part en part par la route départementale, boutiques, cafés et restaurants remplacent les forges, poudrières et autres magasins à l’abris des remparts.

La minuscule Brouage abrite aujourd’hui un minuscule musée du vélo.
Le méga-feu de forêt menace Mérignac, certains quartiers sont évacués ; Léo retourne vite chez lui pour emmener quelques affaires et se mettre à l’abri chez Cathy, à Hure sur le Canal des deux mers.
Nous faisons une petite virée à vélo autour de Marennes avec Natacha ; bateau-taxi sur la Seudre, joli chenal bordé de cabanes colorées de pêcheurs (d’huitres évidemment), temps splendide ; on en oublierait presque les incendies. A l’aller, les bateaux dans le chenal sont échoués sur la vase mais au retour, à marée haute, tout ce petit monde flotte tranquillement.

Le bac de Royan ne prend plus les cyclonomades comme nous qui souhaitent traverser le Médoc par la Vélodyssée, à cause des feux de forêt ; traverser des étendues calcinées n’est pas réjouissant non plus, alors on passera par la rive droite de la Gironde en évitant Bordeaux, direction Libourne.
On reprend la route vers le sud, enchainement de routes tranquilles et de pistes à travers la campagne écrasée de chaleur, tout comme nous ; ça devient difficile de rouler les après-midi par 40° et plus !
Un arrêt minute lessive et plein de boissons fraîches en station-service ; pratique pour les nomades, ces équipements en libre-service placés un peu partout sur des parkings de supermarché ou stations-services.
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Nous découvrons de nouveaux paysages et des villes comme Jonzac et son château, en plein centre ville. Et encore un accueil Warmshowers chaleureux.
La Gironde, ses bourgs aux noms qui sentent le bon vin ; et même le village de Léoville ! La chaleur reste accablante, nos compteurs de vélo affichent jusqu’à 45° en arrivant à Libourne ! Heureusement que notre parcours emprunte des voies ferrées reconverties en voies vertes, bien ombragées.
A Cercoux, village de 1300 habitants, une surprenante petite épicerie-bar-tabac nous ouvre ses portes et son espace climatisé ; un délice ! On y vend de tout dans cette petite boutique, jusqu’aux clés et aux plaques funéraires ! Le jeune homme qui a repris ce commerce est aussi collectionneur d’objets divers exposés parmi les marchandises.
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Ici comme partout, l’insolite n’est jamais loin, il suffit d’ouvrir les yeux…

Allez, roulez ; la maison n’est plus si loin !