Comment le vent sait-il dans quelle direction il doit souffler?
Stanislaw Jerzy Lec
On quitte Londonderry, l’humidité est toujours là mais on peut faire notre petit tour des remparts et voir les muraux, un peu rapide comme visite mais la roule nous attend et la route est longue.
On tousse, on mouche, la gorge pique. Alors on tente la pharmacie irlandaise.

L’idée c’est de filer direct vers le Connemara, on va passer par la campagne, l’Irlande du quotidien pas l’Irlande des touristes, bon bien sûr on fera quelques spots plus connus mais sans s’attarder, notre but: le Connemara!!! Alors la campagne, elle n’a rien d’extraordinaire surtout quand la pluie, le froid, le vent ou les trois nous accompagnent. On a quand même une impression de déjà vécu. Alors quand le soleil pointe ses rayons, ceux de nos roues tournent plus vite, l’entrain nous revient.
Nous avions prévu de camper à Donegal au bord de la mer, on décide assez vite de réserver un hébergement en dur, ce sera l’Atlantic Guest house qui n’a rien d’une Guest house mais tout d’un vieil hôtel, vieille grosse moquette, papier peint d’antan, grosse armoire et serviettes de toilette un peu râpeuses, mais, Mais, MAIS un petit déjeuner full irlandais, bien copieux avec du black pudding white pudding pour Benoit!. C’est bon pour la route. Donegal, petit spot, petite station balnéaire n’a rien de très folichon. Nous échouons dans le grand restaurant hôtel, musique live ouvert 7/7. Le repas tout comme le chateur seront vite oubliés. Benoit ne retiendra qu’une belle collection de bouteilles.

Donagal, c’est aussi un drôle de château.
C’est reparti pour Sligo, un autre spot touristique, grosse pluie, grosse pluie, grosse, grosse, GROSSE. On est tout mouillés mouillés tout mouillés, tout entier quand on arrive à notre hébergement « Tranquility ». C’est Kathy Battes, l’actrice de Misery qui vient nous ouvrir! Elle a un gros bleu violet à la joue et des yeux qui ne savent pas où ils regardent. C’est un peu inquiétant après une journée pareille! Finalement on rentre, la brave dame, mais non ce n’est pas Kathy Battes, tout va bien (elle a juste subi une opération chirurgicale la veille) nous montre notre chambre, la salle de bain et, sous le charme de Benoit nous accorde de manger froid dans la chambre. Bon ce n’est pas Misery à Tranquility, mais il y a des règles à respecter quand même! Alors on se fait une orgie de soupe instantanée, on essaie tant bien que mal de faire sécher toutes nos couches et au dodo sous la couette bien chaude. L’appareil photo glissé dans une poche fermée de l’imper (le 2° imper) est tout mouillé aussi ; il n’a pas résisté au climat irlandais. Adieu le zoom et les photos en gros plan, on se contentera de nos smartphones pour immortaliser la suite de nos aventures.
Encore une journée de campagne, encore une journée grisouille mais pas trop de pluie, on arrive presque sec au camping. Super il y a un petit Algéco reconverti en cuisine, on peut manger à l’abri, confortablement. Le Connemara s’approche, la journée commence au sec, la route nous fournit quelques distractions visuelles avant que le ciel ne se déchaine de nouveau et que les pentes s’accentuent!
Enfin, le Connemara approche. Après une longue montée dans le vent et la pluie, nous traversons une sorte de plateau pas plat du tout avant de redescendre vers Letterfrack. Au-dessus de nos têtes, c’est la guerre : averses, vents en rafales dans tous les sens, brouillards. Et puis soudain, les brouillards se lèvent et les montagnes surgissent dans un festival de gris. Un bras de mer apparaît. Ambiance !
C’est mouillé pour aller là bas, au Connemara!
