Un petit coucou en passant. La route est longue. Les journées à vélo sont courtes. Les nuits encore plus. Les retards s’allongent…
On avance, on avance.

Un petit coucou en passant. La route est longue. Les journées à vélo sont courtes. Les nuits encore plus. Les retards s’allongent…
On avance, on avance.

« C’est ce que j’aime, dans les îles: elles ont gardé un mode de vie plus rudimentaire que les continents. Elles demeurent plus près du monde sensible, du ciel et de l’eau, puisqu’elles sont cernées, et, en quelque sorte prisonnières. Quelque chose d’essentiel a ici, survécu: un lien primitif avec le monde, un contact jamais vraiment dénoué, la certitude qu’une autre vie est possible, au plus près d’une vérité oubliée. »
Christian Signol
Sous la pluie, aux aurores, nous attendons pour prendre le ferry, adieu belles Hébrides….
De passage, nous ne serons que de passage cette fois en Ecosse, Un stop de deux nuits à Oban, et nous repartirons pour 2 journées avant de quitter l’Ecosse, pas complètement le Royaume Uni puisque nous débarquerons à Belfast, Irlande du Nord.
Oban, ville côtière d’environ 8000 habitants, port de pêche, bénéficie de sa liaison avec les îles Hébrides.
Pour les amateurs, Oban, c’est aussi un bon single malt, plus maritime que tourbé, avec une petite touche de sel de mer…

« Si toutes les îles sont belles, même les plus dépouillées, leur existence à la surface des eaux – on l’oublie facilement- tient du sortilège. N’est pas insulaire qui le désire »
Michel Déon
Quelques gouttes vers 4h du matin qui se perdent dans la nuit, enfin c’est plutôt le jour ici à 4h du matin! On remballe, on petit déjeune dans la mini cuisine sur un bord de table. C’est pas si mal, il y a 2 éviers, 2 bouilloires, 1 réfrigérateur-congélateur, une table, 4 chaises. La vie est belle! Ah dommage la pluie montre son nez, on n’a pas fini de démonter la tente. En même temps c’est presque devenu notre spécialité: faire sécher le double toit immense dans une douche d’appartement.
Bon on récapitule, nous avons parcouru Lewis et Harris, nous sommes passé très vite, mais très vite, le temps d’une digue sur Berneray puis c’est North Uist. On roule sur les digues, on roule pour rentrer et sortir des ferries, ici c’est la mer qui gouverne, faut faire avec.

J’ouvre une fenêtre… poétique
« La poésie est à la fois une cachette et un haut parleur »
Nadine Gordimer


« On ne peut pas acheter le bonheur, mais on peut acheter un vélo, et c’est presque pareil »

La « Cornish House » durement gagnée hier soir admire le loch du haut de sa bute. Nous aussi et le ciel du soir nous régale.
La « Cornish House » maison d’hôtes perdue, perchée au dessus d’un loch, il nous faudra pousser les vélos dans la pente pour y parvenir. Jane ou Jackie ou Hellen, à force on ne sait plus, donc une gentille dame nous a cuisiné des lasagnes pour la soirée, il n’y a rien aux alentours, pas de maison, pas de shop, pas de pub, rien….Très bonne les lasagnes et le cheese cake! Jackie ou Jane ou Hellen vit dans la petite maison attenante, la maison d’hôtes c’est celle de ses parents, sa mère est décédée, son père s’est réfugié chez elle alors elle s’occupe et ça l’occupe bien! Nous étions 6 cette nuit là. Elle est contente Hellen ou Jackie ou Jane, elle rencontre des gens et garde ainsi la maison de ses parents! Le lendemain matin un super breakfast, œuf à la coque, céréales , yaourt, fruits frais, croisant -on a tout englouti- , on repart plein d’énergie sous un ciel bleu inespéré.
Lire la suite de « Harris, entre tweed et Gin »« L’art pour l’art, c’est une formule qui n’a pas plus de sens que le Gin pour le Gin »
William Somerset Maughmam
Lewis et Harris, une seule île qui en fait deux, avec une « frontière » pas évidente entre les deux, la plus grande des îles Hébrides extérieures. Elle a été nommée en 2025 « best of the world » destination par le National Geographic’s.
Un passé riche, une nature sauvage, de l’eau de l’eau de l’eau… Et du gin, distillé sur l’île. Toujours des paysages à couper le souffle. On roule un peu, on s’arrête, on prend une photo, on roule, on prend une photo en roulant, Isabelle filme à tout va. On voudrait ne rien oublier de toute cette nature somptueuse, de ces loch innombrables, des moutons qui nous regardent passer en mâchonnant leur herbe généreuse, des fermes dispersées, des maisons qui osent à peine se regrouper en hameaux.
« Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve une réalité »
Antoine de Saint Exupéry
Waouhh! Nous y sommes ! Point Nord de notre voyage, nous n’avons plus qu’à redescendre vers chez nous et vivre cet Hebridean Cycleway. Théoriquement 297 km et 10 iles? Nous n’en ferons que 9 mais la derrière est tout près, environ 320 km et 4010m D+, c’est comme gravir le Weissmies, sommet des Alpes valaisannes en Suisse!
« Je ne fais pas de vélo pour rallonger ma vie. Je fais du vélo pour donner plus de vie à mes journées ! «
Décidément, difficile de tenir la cadence sur ce blog. Tenir la bonne cadence sur le vélo, pas simple non plus. Ils travaillent ça les coureurs cyclistes, les vrais, pour être le plus efficace possible. Il va falloir qu’on travaille nous aussi ou alors on fait avec l’internet qui fonctionne plus ou moins selon l’hébergement, le pas d’internet, la fatigue qui nous tombe dessus, le papotage tardif… Bon d’accord, on fait avec et on essaie de suivre tout en essayant de rattraper. Vous me suivez?
Alors nous avions quitté notre Guesthouse, fini le Loch Ness, Inverness pour aller dormir à Dingwall dans une guesthouse, en face du supermarché Tesco (c’est facile comme repère, on a quand même tourné 5 minutes!). La guesthouse à Dingwall, rien d’une guesthouse, un message, 3 codes pour arriver à notre chambre dans un appartement avec des portes à codes et une cuisine commune avec le minimum. Ambiance seul au monde. Le lit par contre est confortable, nous passerons une bonne nuit et pas de problème pour les courses, le Tesco! Bye, bye sans regret la guesthouse sans âme.
La route se déroule sous nos roues, les paysages défilent, variations de gris…

J’ouvre une fenêtre… humaine
« Puissiez vous accueillir le soleil et le vent avec plus de votre peau, et moins de vos vêtement.
Car la main de la vie est dans le soleil et son souffle est dans le vent«
Khalil Gibran
L’accueil, c’est l’ouverture à l’autre, la grammaire initiale de toute relation, la traduction de l’inconnu en connu, du potentiellement hostile en bientôt familier…L’accueil n’est donc pas seulement un bureau avec son préposé au regard vide, mais une disposition fondamentale des individus pour entrer en relation…Car autrui « vient de l’extérieur et m’apporte plus que je ne contiens » (Emmanuel Lévinas)…
L’accueil est, là aussi, la liberté concrète donnée aux individus d’être eux-mêmes.
https://www.santementale.fr/2022/01/laccueil-la-grammaire-des-relations/
Lire la suite de « La fenêtre d’Isabelle 4 »
« S’il a vécu comme personne,
Souvenez vous par charité,
Q’un monstre attend qu’on lui pardonne,
L’affreux bonheur d’avoir été«
Joël Bousquet
Jour de repos à Lochside Hostel, notre Guesthouse in the middle of nowhere, tout au bord du Loch Ness. Je dis notre guesthouse car on s’y est senti comme chez nous grâce à Dylan, le grand manitou et toute son équipe de joyeux bénévoles. Il règne une ambiance particulière dans cet endroit. Nous n’avons pas fait qu’y passer, qu’y dormir, nous avons vécu intensément à rien faire ou presque.
In the middle of nowhere, ce sont les paroles de Dylan accompagnées d’un grand sourire. C’est tellement vrai, au bord, tout au bord du Loch Ness, à peu près à égale distance de chaque extrémité du Loch. La route passe devant, il y a un arrêt de bus et une autre maison, pas de bar, pas de shop… Et nous, c’est ce qu’il nous fallait!
Depuis la salle commune, de grandes baies vitrées donnent sur le loch, fascination à la recherche de Nessie, contemplation devant tant de quiétude, méditation pour faire le vide.
Et puis il y a une petite plage, de graviers, bof! et une terrasse!