Bientôt, bientôt mes petits cocos.
Ne craignez pas d’avancer lentement, craignez seulement de rester sur place
Proverbe chinois
Nous quittons nos hôtes, Brigitte et Maurice, emplis de cette chaleur de l’accueil Warmshowers, en suivant les conseils de Maurice pour rejoindre notre route. Direction Le Crotoy, haut lieu de la Baie de Somme. Beaucoup de cyclistes, de coureurs, de marcheurs, de poussettes, de chiens, beaucoup, beaucoup, beaucoup….
2 coureurs essoufflés rejoignent Benoit pour lui donner son fanion qui s’est envolé, précieux fanion qui permet de nous signaler, c’est le dernier en notre possession. Benoit en a déjà perdu un aux Etats-Unis et un autre sur cette route peu avant Abbeville ; c’est vous dire si le vent souffle par ici ! Alors, merci, merci les gars d’avoir fait ce petit sprint qu’ils ont même couru avec le sourire, heureux de ce challenge. Et merci à Maurice pour le coup de main au petit bricolo pour empêcher ce dernier fanion de s’envoler (je devrais suggérer ce truc au constructeur de nos trikes ICE).


Le Crotoy, effrayant de monde en ce week-end de l’Ascension, nous n’osons l’imaginer en période estivale. Comme sur la piste mais en pire, trop de piétons, trop de chiens, trop de vélos, trop, trop, trop…nous avons bien du mal à circuler dans la foule, en plus c’est marché propice à la flânerie en ce jour ensoleillé de vacances. Nous tentons une terrasse pour boire un petit café, on attend, on attend, on attend…Notre voisin de table, natif du coin, va finalement nous chercher un café au comptoir. Il nous dit que l’été, il fuit Le Crotoy.
Alors nous fuyons, Le Crotoy, peut-être une autre fois.

La vélo maritime s’étire, la vélo maritime, encore un circuit européen, EV4 qui va de Roscoff à la Mer du Nord. La route s’étire, nous contemplons le paysage…
Tranquillement, Le Touquet à l’horizon.
Dans le dialecte local, le mot « touque » désigne la pointe , l’angle.
Avant 1855, ce n’était qu’un vaste triangle de sable, un certain M Daloz décide d’y planter des pins maritimes, créant ainsi une vaste forêt et y invite ses amis parisiens à des parties de chasse. Hippolyte de Villemessant, fondateur du Figaro lui souffle à l’oreille l’idée de créer une station balnéaire entre mer et forêt. Le lotissement « Paris-Plage » est inauguré en 1882. Ce nom n’est pas dû au hasard. Il témoigne de la volonté de créer un lieu de villégiature pour les Parisiens. Un an plus tard, Paris-Plage dénombre déjà 30 habitants. Le lotissement compte alors deux chalets en front de mer (La Vigie et L’Avant-Garde), un château (celui de M. Daloz), un sémaphore et deux phares. Petit à petit, la station s’étoffe, elle sera même rachetée par un Anglais: Casino, belles maisons bourgeoises ; célébrités du théâtre et du cinéma, la haute société Parisienne, l’aristocratie Anglaise s’y côtoient. On y rencontre notamment, autour d’une table de baccarat, le Prince de Galles, futur Edouard VIII. La Touquet devient une station mondaine.
Ce sera notre villégiature pour la nuit, modeste, la villégiature, modeste la maison de toile.
Pour ceux qui aurait manqué la vidéo, nous ne résistons pas au plaisir de l’ajouter.

Un peu de pluie pendant la nuit, mais au lever tout va bien, On commence à ranger, le tonnerre gronde, on se dépêche de ranger, le tonnerre gronde et se rapproche, vite, vite ,vite les affaires en vrac, les vélos, la tente pas encore repliées à l’abri sous le toit d’une bâtiment désaffecté. C’est la drache, la douche sévère….Petit cadeau de la vie qui nous a fait nous installer là!
Miam, Miam, l’antidote à tous les maux en guise de petit déjeuner:
Le Malatou
La Malatou, ça fait un penser au petit gâteau portugais célèbre : « Le Pastel de Nata ». Un peu de Portugal ensoleillé , quel antidote pour un matin pluvieux.

La route s’étire, d’abord la pluie et doucement le soleil gagne du terrain. La route s’étire, nous contemplons le paysage.

Boulogne sur Mer nous accueille pour le pique nique.
Le soleil nous réchauffe.
Au loin, si proche, la côte anglaise….Tout bientôt mes cocos!

Petit rappel, pour suivre notre trace, c’est par ici.
