Publié dans Amsterdam-Nice

La fenêtre d’Isabelle 21

pas fenetre

J’ouvre cette fenêtre courageuse

Bon courage, me dit-on en de multiples occasions
Bon courage pour tous ces kilomètres en trike,
Bon courage pour:

  • pour oser.
  • pour dire certaines choses,
  • pour savoir se contrôler,
  • pour faire le bien,
  • pour pardonner, sauver, défendre,
  • pour lutter contre ma paresse,
  • pour ranger, aider, foncer,résister,
  • aller travailler « aller gagner sa vie »,

A de nombreuse reprises, je trouvais que le « Bon courage » qui m’était adressé n’était pas pertinent. Bon courage pour aller travailler, mais j’aime mon travail même si j’apprécie beaucoup les vacances, où est le courage?. Bon courage pour les travaux dans la maison, mais on ne m’a rien demandé, je fais ce choix, où est le courage? Bon courage pour le voyage en vélo, le kilomètres, les côtes, les incidents, mais j’ai fait le choix de partir en connaissant les kilomètres et les dénivelés et les incidents font parti de l’aventure; alors où est le courage?

Au fond « Bon courage », n’est-ce pas un peu galvaudé? Quel sens donner au courage? Puisque c’est relâche, et que ce mot m’interpelle, j’ai cherché des réponses, je vous livre quelques fruits piochés ça et là qui m’éclairent.

Le courage (dérivé de cœur) est une vertu qui permet d’entreprendre des choses difficiles en surmontant la peur et en affrontant le danger, la souffrance, la fatigue, (Wikipédia.)

J’ai toujours pensé que faire preuve de courage, c’est y aller parce qu’il y a plus important que son petit confort ou que le risque d’échouer : quelqu’un à aider ou à sauver, des valeurs à défendre, une fidélité à faire vivre, même si elle doit nous coûter notre confort, notre tranquillité.

Depuis Platon, le courage, ou force, est considéré comme une des 4 vertus cardinales, les trois autres étant la prudence, la tempérance et la justice.

Platon, dans le diaologue socratique le Lachès , définit le courage assez classiquement comme la détermination du soldat à « tenir tête à l’ennemi en gardant son rang, sans prendre la fuite »,Socrate lui oppose toutes ces occasions où il nous est donné, loin des champs de bataille, de faire preuve de courage : devant la maladie, la pauvreté, les vicissitudes de la vie publique, les peines et craintes de l’existence, etc.
Je dois l’avouer, j’adhérais facilement à la vision héroïque du courage.
Socrate, lui, penche pour une vision intellectuelle du courage, que l’on peut associer à ce que dit Aristote dans l’Ethique à Nicomaque « Celui qui attend de pied ferme et redoute les choses qu’il faut, pour une fin droite, de la façon qui convient et au moment opportun, celui-là est courageux. »

On observe un déplacement intellectuel du courage: « Agir de manière courageuse, c’est combattre encore, mais des ennemis intérieurs, désirs, faiblesse ou peurs. Ce qui introduit une nouvelle temporalité dans le courage. Il n’est plus la force impétueuse et brève d’un acte d’éclat, mais la force constante que demande la cohérence dans le comportement et la maîtrise dans l’attitude. Ce qui est courageux, ce n’est plus l’action isolée, mais la disposition générale face à la vie…

Il ne s’agit pas de se lancer à l’aveugle pour briller dans un moment d’éclat, ni de s’appuyer sur une série de règles et de valeurs prédéterminées, mais de tenir bon au bon moment sur la base d’une certaine idée que l’on se fait d’une existence éclairée, qu’il faut maintenir contre l’adversité.

Le courage ne se retrouverait donc pas que dans les actions d’éclat, mais aussi dans la force d’âme qui nous permet d’affronter tous les jours les difficultés de la vie, les aspérités de l’existence. Persévérance, patience, le courage ne se résume pas à un simple mouvement passionnel, c’est de la force d’âme, autrement dit, de la vertu.

Le courage ne se convoque pas, il est disposition à agir et s’éprouve dans certaines circonstances. C’est dans l’action que je sais si j’ai ou non du courage, si je peux dépasser ma peur ; c’est dans l’épreuve que je mesure si je suis capable d’affronter l’adversité, si je me bats ou si je subis.
Il faut donc chercher à définir le courage non comme un absolu mais relativement à une circonstance. C’est ce que fait Aristote lorsqu’il pense le courage comme un juste milieu entre deux défauts – la lâcheté et la témérité. Lâche est celui qui n’y va pas, car il sait toujours trouver les bonnes raisons de ne pas y aller. Téméraire est celui qui ne connaît pas la peur et fonce comme une tête brûlée. Faire preuve de courage c’est avoir peur et avoir de bonnes raisons de ne pas y aller mais y aller quand même.

En guise de conclusion, il ne faut pas oublier que la racine du courage vient du mot ancien « coeur » ou vaillance. Et la vaillance ça me va …
Ce qu’on oublie souvent aussi de dire dans le courage, c’est qu’il est souvent accompagné de joie de vivre. Anatole France dit aussi : « la gaieté est la forme la plus aimable du courage »

taillure crayon
taillure crayon

Un commentaire sur « La fenêtre d’Isabelle 21 »

  1. Je trouve que tu as bien du courage d avoir autant disserté sur la notion de
    courage en disant des choses des plus vraies😍😍

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